IOTA est la cryptomonnaie de l’Internet des Objets. Reposant sur un tangle plutôt qu’une blockchain, elle propose une solution différente, promettant une scalabilité plus importante et aucun frais de transaction.

DE L’INTERNET DES OBJETS A L’ECONOMIE DES MACHINES

Au coeur du projet d’IOTA réside l’Internet des Objets. C’est un fait : en quelques années, le nombre d’objets connectés qui nous entourent n’a cessé de croître. Des ampoules connectées aux différentes smartwatch et autres gadgets du quantified self en passant par les réfrigérateurs intelligents, de plus en plus d’objets de la vie quotidienne communiquent aujourd’hui avec des bases de données sur Internet.

La nouvelle frontière ?  Ce qu’IOTA appelle l’économie machine à machine, à savoir les transactions entre les machines, avec ou sans implication humaine. Ainsi, on peut imaginer que des passagers paient directement une voiture autonome pour les transporter. Cette voiture autonome pourrait ensuite dépenser cet argent pour un plein d’énergie à une borne de rechargement, elle aussi automatique.

UNE CARACTERISTIQUE UNIQUE : L’ABSENCE DE BLOCKCHAIN

Pour faire fonctionner cette économie des machines, IOTA propose d’utiliser une cryptomonnaie décentralisée. Problème : les micro-transactions s’avèrent encore très onéreuses sur les blockchains des plus cryptomonnaies les plus importantes. En effet, dans un système Blockchain, il n’y a pas de différence entre une transaction de plusieurs millions de dollars et une transaction de quelques centimes. S’ensuivent des frais fixes qui rendent impossible certains cas d’usage.
IOTA a adopté une solution radicale pour résoudre ce problème, en se passant carrément de blockchain. Ici, on préfère utiliser un tangle, « enchevêtrement » en français. Ce tangle est un graphe dont les noeuds sont des transactions, et les flèches, ou « arêtes », des validations. Ainsi, chaque transaction, pour être réalisée, doit valider deux autres transactions. Un schéma basé sur la collaboration et qui intègre le consensus dans chaque transaction, permettant ainsi de partager les tâches de validation et d’éviter les frais.

UN PROJET ENCORE EN BÊTA

C’est un projet ambitieux qui a connu un succès certain, comme en témoigne son arrivée fulgurante dans le top 10 des cryptomonnaies. Néammoins, beaucoup de choses restent à accomplir.

Le projet reste à l’état de Béta et comporte certains contraintes et fragilités. Le seuil de puissance de calcul nécessaire pour attaquer le réseau étant réduit à 33%, la faible utilisation du réseau le met en danger. Pour pallier ce problème, les développeurs ont mis en place des noeuds « coordinateurs ». Ces noeuds constituent ainsi un facteur de centralisation qui a été critiqué, même si ils sont facultatifs et temporaires. Pour commencer à utiliser le réseau, il faut également trouver des voisins s’acceptant de s’appairer avec notre noeud et dévoiler son adresse IP, ce qui constitue un frein à l’installation de noeuds sur ordinateurs.

Enfin, au-delà de ces difficultés, le véritable challenge pour IOTA sera de nouer les partenariat avec les concepteurs d’objets connectés afin de concrétiser leur vision de l’économie des machines.